Ventilation et qualité de l'air intérieur

Un souffle de croissance

Qualité de l'air intérieur : ventilation, un souffle de croissance

Le constat est inquiétant : l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur et constitue une menace pour la santé. Longtemps négligée, la qualité de l’air intérieur (QAI) est aujourd’hui une préoccupation majeure des pouvoirs publics et des français. Pour les installateurs et électriciens, cette tendance est une opportunité majeure de valoriser leur expertise dans la ventilation des bâtiments et la mise en place de solutions de chauffage et de climatisation respectueuses de la qualité de l’air.

So New vous donne toutes les clés pour aborder ce marché dans les règles !

La pollution de l’air intérieur : une menace pour la santé

Chaque année en France, 20 000 décès sont attribués à la pollution de l’air intérieur. En cause : la multiplication des sources de pollution à l’intérieur même des bâtiments : habitat résidentiel individuel ou collectif, commerces, bureaux ou ateliers.

On estime aujourd’hui que l’air intérieur, que nous consommons 80 % du temps, est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur...

Parmi les polluants les plus courants, on trouve :

  • Les contaminants d’origine biologique (moisissures, pollens, allergènes de chiens, chats, acariens…).
  • Les composés chimiques comme le benzène, ou le formaldéhyde, présents dans la fumée de tabac, les panneaux de bois, les isolants, les photocopieurs, les produits de bricolage ou d’ameublement…
  • Les particules fines : pollution extérieure automobile, cuisine, ménage, combustion…).
  • La pollution liée à l’occupation du logement : CO2 dégagé par la respiration, humidité, etc.
  • Les gaz : radon, monoxyde de carbone, etc.

Les sources de pollution

Les agents polluants

Activités polluantes (axes routiers, pressing, station-service, zone d’activité industrielle ou agricole) autour du local concerné et s’infiltrent à travers les fenêtres, portes, cheminées, systèmes de ventilation

  • Pesticides
  • Pollens

Matériaux d’ameublement et de décoration (panneaux de bois aggloméré, peintures, papiers peints, revêtements de sol, tapis), produits de bricolage (peintures, laques, encres, colles, solvants), produits d’entretien (détachants, désodorisants, pesticides)

  • Composés Organiques Volatils (COV) : Aldéhydes ou BTEX tels que le formaldéhyde et le benzène, parmi les polluants les plus dangereux et répandus dans le monde
  • Composés organochlorés (composés organiques comportant au moins un atome de chlore)

Combustion de nombreux produits (bois traité, mazout, huile de chauffage, tabac, cuisson des aliments, bougies, encens...), mauvais fonctionnement d’appareils ou moteurs à combustion (bois, charbon, gaz, essence, fioul, éthanol…)

  • Dioxyde de Carbone (CO2)
  • Monoxyde de Carbone (CO)
  • Composés organochlorés
  • Particules (PM)
  • Oxydes d’azotes (NOx)

Salles de bains, cuisines, tapisseries, fruits, légumes, fromage, pain, plantes d’intérieur, aquariums, vêtements et chaussures en cuir dans les habitats humides

Moisissures qui utilisent la matière organique pour se développer et qui peuvent avoir de graves conséquences sur la santé (allergies, irritations, difficultés respiratoires, réactions cutanées, troubles nerveux, hépatiques, rénaux, digestifs voire cancer)

Cette menace est prise très au sérieux par une grande majorité des français : c’est même la deuxième préoccupation environnementale, juste derrière le changement climatique.

Qualité de l’air intérieur : la législation évolue

Devant l’impact sur la santé de cette pollution, les pouvoirs publics ont régulièrement pris des mesures pour améliorer la qualité de l’air intérieur (QAI).

  • Le code de l’environnement prévoit  « le droit reconnu à chacun à respirer un air sain qui ne nuise pas à la santé ».
  • Dès 1982, des débits de renouvellement d’air minimaux dans les logements sont fixés. En 2004, l’arrêté du 22 juillet impose aux professionnels du bâtiment de prendre en charge la gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public.
  • Plus récemment, un décret de 2011, modifié en 2015, impose la surveillance de la qualité de l’air dans certains établissements recevant du public (crèches, écoles...).

56% des logements
ont des débits d’air extraits inférieurs aux exigences réglementaires.

Depuis le 1er janvier 2018, les établissements d’accueil collectif d’enfants de moins de 6 ans ainsi que les écoles maternelles et élémentaires doivent faire l’objet d’un contrôle de la qualité de l’air intérieur.

Ces établissements ont l’obligation de mettre en place une évaluation de la QAI et, si nécessaire, de prévoir des mesures d’amélioration comme l’installation de nouveaux systèmes de ventilation, de chauffage, de climatisation...

La qualité de l'air intérieur doit maintenant être contrôlée dans les écoles maternelles et crèches

D’ici 2023, ces dispositions seront étendues à tous les établissements d’accueil de loisirs, d’enseignement ou de formation du second degré, structures sociales et médico-sociales, établissements pénitentiaires pour mineurs, établissements d’activités aquatiques et bien d’autres.

Cette évolution réglementaire présente de nombreuses opportunités pour les professionnels de l’électricité, qui peuvent s’appuyer sur les dernières innovations afin de conquérir ce marché en pleine expansion.

Les équipements de ventilation proposés aujourd’hui par les fabricants sont très performants et faciles à poser, y compris en rénovation. Ils promettent de belles marges pour les installateurs électriciens qui sauront profiter de la tendance.

Pollution intérieure : les valeurs guide


Une ventilation performante permet de diluer les agents polluants présents dans l’air jusqu’à une concentration jugée acceptable.

  • CO2 : 1000 PPM (partie par million)
  • Monoxyde de carbone : 10 µg/m3 pour une exposition de longue durée
  • Benzène : 2 µg/m3 e (depuis 2016)
  • Formaldéhyde : 30 µg/m3  (10 µg/m3 à partir de 2023).

Qualité de l’air intérieur : les solutions

Afin d’assurer une qualité optimale de l’air intérieur et garantir le confort et la santé des occupants, une bonne ventilation est nécessaire pour introduire de l’air neuf et évacuer les polluants intérieurs, l’humidité et les odeurs. Pour éviter le confinement d’un bâtiment, l’air doit être renouvelé environ toutes les trois heures.

Quelles sont les technologies aujourd’hui disponibles ?

La ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple flux

Aussi appelé ventilation par dépression, ce système assure la circulation permanente de l’air dans les bâtiments.

Un débit d’air neuf alimenté dans les pièces principales par les entrées d’air prévues sur les menuiseries. L’air vicié est repris par des bouches d’extraction situées dans les pièces humides (salle de bains, WC, salle d’eau, cuisine) afin d’être transporté par les conduits de ventilation jusqu’à l’extracteur mécanique situé en comble ou en terrasse pour, enfin, être rejeté à l’extérieur.

Ces systèmes existent en deux versions :

  • Les systèmes auto-réglables, qui assurent un débit constant pour l’air neuf et les extractions. Le débit peut être adapté en fonction des besoins.
  • Les systèmes hygroréglables, qui modulent les débits d’air en fonction du taux d’humidité de l’air intérieur, grâce à des sondes et des capteurs.
    • Hygro A : bouches d’extraction hygroréglables et entrées d’air autoréglables
    • Hygro B : bouches d’extraction et entrées d’air hygroréglables

La technologie hygroréglable ne fonctionne qu’en cas d’occupation et offre un bilan énergétique compatible avec le niveau BBC. Elle consomme très peu d’énergie électrique, de 12 à 18 W.

La ventilation mécanique double flux

La ventilation double flux permet le réchauffement de l’air extérieur insufflé par l’air extrait, grâce à un système d’échangeur thermique. Le taux de récupération énergétique est de 60 à 70% des déperditions dues au renouvellement d’air, ce qui permet une économie de chauffage d’environ 15 %.

Les ventilations double flux peuvent aussi être équipées de filtres à haute efficacité sur l’air insufflé, afin de filtrer les pollens, les poussières et les suies : une solution qui permet de bénéficier d’un air plus sain et de minimiser les déperditions énergétiques.

Plus performante, cette solution est cependant plus coûteuse et suppose une installation plus complexe, surtout en rénovation.

La VMC double flux thermodynamique

Ce système permet de gagner encore en confort grâce à l’ajout d’une pompe à chaleur, qui complète le préchauffage ou le rafraîchissement de l’air extérieur, jusqu’à l’obtention de la température de confort pour le bâtiment : un véritable traitement de l’air réversible !

VMC : la sélection So New


Qualité de l'air intérieur : la VMC DOMEO SERENITE de S&PAujourd’hui, les systèmes de ventilation deviennent intelligents et connectés. Certains s’intègrent sans problème à des installations domotiques telles que la Rolls de la ventilation, la VMC DOMEO SERENITE, double-flux et qui s’autorègle selon les pics d’humidité ou de polluants captés par les sondes internes.

Ce type de système de ventilation innovant et compact (15kg) permet en plus de réaliser jusqu’à 25% d’économies d’énergie (moteur très basse consommation, classe énergétique A).

Qualité de l’air intérieur : quel enjeu pour les installateurs et électriciens ?

Les enjeux de la qualité de l'air intérieur

La prise de conscience par le grand public de l’importance de la qualité de l’air intérieur pour la santé crée une demande nouvelle pour les systèmes de ventilation à haute performance.

Le marché de la ventilation connaît d’ailleurs une progression importante, boostée par une réglementation active.

En 2017, le marché global de la VMC a progressé de 2,4 %, avec près de 800 000 installations (+ 6,1 % pour la, +2,5 % pour la VMC simple flux).

En neuf comme en rénovation, notamment pour les marchés de l’habitat individuel et le petit tertiaire, il existe aujourd’hui de nombreuses opportunités, pour proposer des solutions qui vont au-delà de exigence minimales, pour assurer plus de confort, et un air de meilleure qualité.

Les installateurs sont en première ligne de ce nouveau marché et peuvent, avec un investissement faible, apporter des solutions très pertinentes, pour compléter ou améliorer les installations classiques ou existantes.

La clé de la réussite : proposer des performances de haut niveau sur l’efficacité énergétique, pour diminuer le coût global de ses installations, en mobilisant les matériels les plus innovants.

Pour les installations existantes, il est conseillé de proposer des vérifications d’installations et des contrats de maintenance, essentiels pour préserver les performances de toute installation.

Valoriser l’expertise

Les performances des systèmes de ventilation dépendent en grande partie de la qualité de la conception et de l’installation des matériels. L’expertise des électriciens au niveau du dimensionnement, de la qualité du renouvellement de l’air, de la performance énergétique (consommation), de la perméabilité du logement et du respect de la RT 2012 (voir encart) constituent des arguments de poids à valoriser auprès de vos prospects.

Conseils d'installation pour les sytèmes de ventilation, chauffage et climatisation, relativement à la qualité de l'air intérieur

Quelques conseils d’installation

  • Lors de la conception d’un système de ventilation et du choix des produits qui le composent, veillez à prendre en compte l’ensemble des paramètres de l’installation : performance acoustique, efficacité énergétique, compatibilité avec la  réglementation et les éléments existants, etc. Une VMC hygroréglable, par exemple, est incompatible avec un appareil de chauffage indépendant au bois dont l’amenée d’air n’est pas prélevée directement à l’extérieur…
  • Dimensionnez votre installation sur un schéma, en ramenant les débits à la surface plancher des locaux et/ou au nombre des occupants du local ventilé, pour estimer le taux de renouvellement de l’air d’un bâtiment.
  • Privilégiez les tracés de réseau les plus linéaires possibles, pour éviter les coudes et faciliter la maintenance.
  • Utilisez des conduits aérauliques semi-rigides (et évitez les conduits flexibles) pour éviter les écrasements et à la surface intérieure lisse pour éviter les accumulations de particules de matière.
  • Protégez les bouches et extracteurs en phase de chantier, pour éviter la pénétration de poussière, d’insectes, etc.
  • Optimisez l’accès aux éléments de l’installation, pour faciliter la maintenance de l’installation : trappes de visites suffisamment grandes, accès aux matériels, etc.
  • Prévoyez une intervention de maintenance régulière : nettoyage des bouches d’extraction, changement des filtres à pollens et poussières, etc.
  • Traitez les problèmes d’humidité, générateurs de moisissures. Un caisson de déshumidification tel que le PULSIVE de S&P est le système idéal : il insuffle de l’air neuf et propre préchauffé par le soleil et gère automatiquement les débits suivant la température des combles, par exemple.
  • Optimisez les installations de climatisation, avec des dispositifs de récupération et d’évacuation des condensats, pour éviter toute stagnation d’eau et le développement de micro-organismes
  • Protégez les prises d’air des éléments extérieurs : projection d’eau de pluie, insectes
  • Vérifiez la compatibilité des différents éléments de ventilation, de chauffage et de climatisation. Une VMC hygroréglable est incompatible avec un système de rafraîchissement ou de chauffage à recirculation d’air.
  • Prévoyez un entretien annuel du système de climatisation: dépoussiérage, vérification de la bonne évacuation des eaux de condensat et nettoyage du bac à condensat, etc.
  • Adaptez votre installation de ventilation aux débits d’air extrait minimaux prévus par la réglementation (en fonction de la taille des bâtiments et de leur destination).
  • Pour vous assurer la qualité de l’installation à la livraison, mesurez les débits de pulsion et/ou d’extraction au moyen d’un anémomètre ou d’un débitmètre, directement dans les gaines et les bouches  (pour les systèmes de ventilation mécanique). En la présence d’un système de climatisation “tout air”, l’emplacement de la mesure doit prendre en compte le recyclage de l’air intérieur.
Une bouche d'aération non entretenue : source de pollution de l'air intérieur
Une bouche d'aération non entretenue : source de pollution de l'air intérieur

Chauffage électrique : une solution idéale pour assurer un air intérieur plus sain

Le chauffage est une source potentielle de pollution de l’air intérieur. Toutes les technologies utilisant une énergie combustible sont susceptibles d’être à l’origine d’une pollution parfois importante et souvent dangereuse de l’air intérieur : bois, gaz, fioul, pétrole, éthanol. Cette pollution peut provenir d’une combustion incomplète, due à un déficit d’air, d’une mauvaise qualité du combustible (bois humide), d’une évacuation déficiente des produits de combustion, ou d'un défaut d’étanchéité du système de chauffage vis à vis de l’environnement intérieur.

Pour éviter ces risques liés à la combustion et assurer un air intérieur plus sain, les solutions de chauffage électrique présentent de nombreux avantages.

Tout d’abord, elles n’émettent ni particules fines, ni CO2 et ne nécessitent pas de stockage de produits polluants.

De plus, avec les technologies de chaleur douce, les nouveaux radiateurs électriques assurent une température de sortie d’air des appareils comprise entre 65 et 80 °, qui permet un mélange air froid / air chaud sans former de strates. Le rayonnement est optimal, avec un faible niveau de convection.

Ces radiateurs évitent notamment les problèmes des anciens convecteurs soufflants : assèchement de l’air,  brassage des poussières, condensation et moisissures sur les murs, etc.

Les radiateurs à chaleur douce  : la Sélection So New


Evaluer et contrôler la qualité de l’air : les objets connectés

De nouvelles technologies connectées permettent de mesurer en temps réel et en continu les principaux polluants de l’air intérieur : température, humidité, fumée, Composants Organiques Volatils (COV), dioxyde de carbone, particules fines, monoxyde de carbone, etc.

Ces solutions peuvent être proposées en complément d’une installation, ou dans le cadre d’une installation domotique.

Parmi les produits les plus fiables, on peut citer Healthy Home Coach de NetAtmo et la solution multicapteurs InSafe de Nexelec.

  • Le label IntAIRieur


    L'association APQAI (Association de Promotion de la Qualité de l’Air Intérieur), qui réunit acteurs publics, opérateurs privés et citoyens, a développé le label IntAIRieur, premier protocole de valorisation de la Qualité de l’Air Intérieur dans les logements neufs.

    Ce label propose un référentiel simple et fiable, valorisable aussi bien auprès des collectivités locales et des aménageurs que des usagers et des futurs acquéreurs.

    Le label garantit, entre autres, le renouvellement de l’air dans le bâtiment : performance du système de ventilation, mesure de l’étanchéité à l’air des réseaux de ventilation et des pressions différentielles aux bouches.

  • Promotion Sonepar Qualité de l'air intérieur

    Promotion spéciale Sonepar

    Du 18 Juin au 6 Juillet inclus, bénéficiez de points-cadeaux supplémentaires + 3,5 % du montant HT sur les références éligibles

  • Ventilation et performance énergétique : que dit la RT 2012 ?

    La réglementation thermique actuelle (RT 2012) inclut les systèmes de ventilation, qui participent à la performance énergétique du bâtiment. En effet, si sur le plan thermique les bénéfices d’une moins grande perméabilité à l’air sont évidents, ce confinement peut être néfaste pour l’air intérieur si la ventilation n’est pas adaptée.

    La réglementation thermique 2012 oblige en outre à limiter les pertes énergétiques au niveau de l’air extrait. Plusieurs types de ventilations mécaniques contrôlées sont recommandés  : les VMC simple flux hygroréglables B et les VMC double flux et double-flux thermodynamiques.

    D’autres systèmes sont aussi évoqués : puits canadien ou encore chauffe-eau thermodynamique sur air extrait.

    A ces recommandations sur les systèmes, la RT 2012 donne aussi des objectifs d’étanchéité à l’air (perméabilité) pour le bâtiment, afin d’optimiser le fonctionnement de la ventilation et de réduire les besoins en chauffage :

    • Limite de 0,6 m3/(h.m²) de perméabilité pour les maisons individuelles
    • Limite de  1 m3/(h.m²) de perméabilité pour les logements collectifs.

    • Le test d’étanchéité à l’air, qui permet d’identifier les éventuelles entrées et sorties d’air parasites, est d’ailleurs obligatoire.